Ressources en éducation à l'environnement en Franche-Comté
EDUCATION A L’ENVIRONNEMENT
L’EDUCATION A L’ENVIRONNEMENT : ESSAI DE DEFINITION
Les diverses représentations de l’environnement
La définition officielle du mot “environnement” est apparue en 1972, lors du Congrès “Enseignement et Environnement” organisé par les Ministères de l’Education Nationale et de l’Environnement : “c’est l’ensemble, à un moment donné, des aspects physiques, chimiques, biologiques et des acteurs sociaux et économiques susceptibles d’avoir un effet direct ou indirect, immédiat ou à terme, sur les êtres vivants et les activités humaines”.
Par delà la manière dont l’homme se situe par rapport à l’environnement, il convient de préciser ce que, prioritairement, l’environnement représente pour lui. De multiples points de vue se font jour, qui, loin de s’opposer, nous apparaissent complémentaires :
• L’environnement nature : environnement originel dont l’homme s’est progressivement coupé et avec lequel il doit renouer pour être pleinement lui-même, car là se trouvent ses vraies racines,
• L’environnement ressources : patrimoine ‘‘naturel” d’où l’homme tire sa subsistance. Un patrimoine dont on connaît aujourd’hui les limites et qu’il convient de bien gérer,
• L’environnement global est celui de la biosphère que l’homme doit prendre en compte pour survivre. C’est le “monde fini” d’Albert Jacquard, qui exige une gestion planétaire, en référence à une éthique globale pour aujourd’hui et pour demain,
• L’environnement problème : environnement biophysique en proie aux nuisances diverses,
• L’environnement du quotidien : milieu de vie dans lequel l’homme évolue au cours de ses activités de travail et de loisir. C’est un environnement de proximité qui appartient en propre à chaque individu,
• L’environnement affectif : environnement subjectif auquel l’individu est affectivement attaché. L’existence de ce type d’environnement fait que tous les individus ne sont pas sensibles aux mêmes problèmes d’environnement,
• L’environnement communautaire est celui des hommes vivant en société. C’est un environnement collectif, dans la gestion duquel tout un chacun doit s’impliquer. Ses valeurs sont la solidarité et la démocratie.
D’après “Pour une éducation relative à l’environnement”, Lucie Sauvé - Editions ESKA, Paris 1994. Résumé de Pierre Giolitto et Maryse Clary dans “Eduquer à l’environnement” - Hachette éducation, Paris 1994.
L’éducation à l’environnement (EE)
Lors de la conférence de Tbilissi, en 1977, cette définition de l’éducation à l’environnement (EE) a été proposée : “ l’éducation civique qui a pour but d’amener les individus et les collectivités à saisir la complexité de l’environnement tant naturel que créé par l’homme, complexité due à l’interaction de ses aspects biologiques, physiques, sociaux, économiques et culturels. Elle vise à acquérir les connaissances, les valeurs, les comportements et les compétences pratiques nécessaires pour participer de façon responsable et efficace à la prévention, à la solution des problèmes de l’environnement et à la gestion de la qualité de l’environnement.”
L’Education à l'Environnement présente ainsi les caractéristiques fondamentales suivantes : l’approche globale, la complexité de ses problèmes, la notion d’écocitoyenneté, la nécessité de la transdisciplinarité, l’utilisation d’une pédagogie de “l’action” et de différentes approches.
L’acteur de l’Education à l'Environnement aura donc des objectifs de transmission de valeurs : respect de la vie (biodiversité, respect de l’autre), gestion de l’environnement (ressources planétaires, équilibre, patrimoine), prise en compte de l’environnement (dans les activités économiques et sociales, au quotidien, à l’échelle individuelle et collective).
Pour le Réseau Ecole et Nature, réseau national d’EE animé par plus de 200 praticiens, l’éducation à l’environnement procède de la synergie de deux conceptions :
- L’éducation pour l’environnement : elle tend à responsabiliser les individus à la préservation et à la gestion de la qualité de l’environnement,
- L’éducation par l’environnement : ses objectifs sont axés sur l’éducation de la personne, l’environnement est alors considéré comme un support motivant d’épanouissement corporel et intellectuel.
L’éducation à l’environnement pour un développement durable
Le développement durable est défini comme « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs », selon les termes du rapport Brundtland de 1987, « Notre avenir à tous ».
Adoptée en juin 2003, le gouvernement français a définit une nouvelle « Stratégie Nationale du Développement Durable » (SNDD) remplaçant celle de 1997. Cette nouvelle SNDD est le résultat d’une réelle prise de conscience par notre Etat des problématiques environnementales multiples : « l’épuisement de nos ressources naturelles, la consommation de notre patrimoine naturel, l’accès à l’eau, les inégalités de développement… »
L’élaboration de la SNDD s’articule autour de 4 piliers du développement durable : économique, social, environnemental et culturel. Ainsi trois axes stratégiques et dix programmes d’actions ont été définis. Parmi eux, l’éducation à l’environnement est définie comme étant le premier axe de travail, lui reconnaissant ainsi une réelle place et un rôle incontournable à jouer. L’éducation à l’environnement devient donc l’éducation à l’environnement pour un développement durable.
Pour ce faire, le gouvernement a confié au Professeur Ricard, professeur d’écologie et expert en développement durable de l’université de Bordeaux, une mission ayant pour objectif de faire des propositions visant à impulser l’éducation à l’environnement « vers » un développement durable (EEDD) non seulement dans le cadre scolaire mais dans toutes les sphères de la société. Cette mission a abouti à la rédaction d’un rapport remis au Premier Ministre. À charge pour chaque ministère de définir les actions à impulser sous son autorité. C’est ainsi que la direction de l’enseignement scolaire (DESCO) du Ministère de l’Éducation nationale a conduit au cours de l’année 2003-2004 un ensemble de consultations et d’expérimentations sur l’EEDD. Ce travail a abouti à la rédaction de la nouvelle circulaire « Éducation à l’environnement pour un développement durable » (N°2004-110 parue au BO n°28 du 15/07/04 - voir paragraphe « le point de vue du Ministère de l’Education nationale »).
En parallèle à la SNDD, le gouvernement a souhaité intégrer à la constitution une Charte de l’environnement. Après adoption de ce texte par les différentes instances de l’Etat, il aura valeur constitutionnelle, au même rang que le préambule ou la Déclaration des droits de l’Homme.
Dans son article 8, la charte fait référence aux questions d’éducation et de formation : « L’éducation et la formation à l’environnement doivent contribuer à l’exercice des droits et devoirs définis par la présente charte ».
Pour plus d’information sur la SNDD, rendez-vous sur www.ecologie.gouv.fr
Le point du vue du Ministère de l’Éducation nationale
Les fondements d’une éducation relative à l’environnement (EE) sont inscrits dans la circulaire du 29 août 1977 : Instruction générale sur l’éducation des élèves en matière d’environnement. Elle définit les grandes lignes d’une éducation en matière d’environnement : développer chez l’élève une attitude d’observation, de compréhension et de responsabilité à l’égard de l’environnement. Un premier protocole d’accord signé en 1983 par les ministères de l’Éducation nationale et de l’Environnement rend opérationnel cette EE. À travers la signature d’un deuxième protocole d’accord en janvier 1993, l’éducation est présentée comme un facteur essentiel de protection de l’environnement.
Extrait du BO n°3 - 21 janvier 1993 : « L’éducation à l’environnement doit principalement s’attacher à développer trois notions : la valeur du patrimoine d’environnement, le civisme à l’égard de l’environnement, la responsabilité et la solidarité. Les meilleures méthodes d’enseignement de ces notions restent celles de l’expérience. L’EE les abordera donc à partir de problèmes réels rencontrés sur le terrain, avec les partenaires qui en assurent la gestion (...) ».
L’objectif est de permettre à chaque élève d’acquérir une culture de base sur les problèmes posés par l’environnement à l’issue de la scolarité obligatoire. Cette culture de base se fonde sur des disciplines de référence (sciences de la Vie et de la Terre…), met en œuvre des notions essentielles (complexité, interdépendance...) et conduit à aborder les domaines principaux (eau, déchets, paysage...) de façon globale et à partir de problèmes réels. Le protocole institue deux axes prioritaires pour le développement de cette éducation : la formation des enseignants et la systématisation des classes d’environnement dans le primaire.
L’EE n’est pas une nouvelle discipline scolaire, elle peut enrichir les disciplines existantes et inciter à l’émergence de projets transversaux incitant à la pratique de pédagogies actives et une ouverture de l’école, le partenariat avec des professionnels techniques et pédagogiques. Actuellement, l’environnement intègre les programmes, à des niveaux d’importance différents, de la maternelle à la terminale.
En Franche-Comté, une convention a été signée en 1989 entre le Rectorat et la DRAE (future DIREN), puis en 1990 entre le Rectorat et l’Union Régionale des Centres Permanents d’Initiatives pour l’Environnement de Franche-Comté (URCPIE).
En juillet 2004, le ministère a publié une circulaire qui abroge celle de 1977 et définit pour la rentrée 2004, une généralisation de l’éducation à l’environnement pour un développement durable (EEDD).
Extrait de la circulaire parue au BO n°28 du 15/07/04 :
« L’éducation à l’environnement pour un développement durable doit être une composante importante de la formation initiale des élèves, dès leur plus jeune âge et tout au long de leur scolarité, pour permettre d’acquérir des connaissances et des méthodes nécessaires pour se situer dans leur environnement et y agir de manière responsable. »
« Conformément à la stratégie nationale, l’étude de l’environnement doit donc se placer dans la perspective du développement durable. »
L’éducation à l’environnement pour un développement durable (EEDD) doit permettre :
- d’aider les élèves à percevoir l’interdépendance des sociétés humaines avec le système planétaire.
- de faire adopter des comportements propices à la gestion durable et au développement de la solidarité.
- de contribuer à l’exercice des droits et devoirs définis par la Charte de l’environnement.
- de porter sur les territoires un regard intégrant les valeurs associées au développement solidaire.
L’éducation à l’environnement pour un développement durable (EEDD) n’est pas une nouvelle discipline mais s’appuie sur les enseignements disciplinaires et les croisements des disciplines. Elle repose sur des démarches pédagogiques diversifiées et concrètes qui développeront chez les élèves la sensibilité, l’initiative, la créativité, le sens des responsabilités et de l’action et favorisant la mise en place de partenariats propres à enrichir les démarches pédagogiques.
Elle intègre des dimensions d’éducation à la santé, au risque, à la citoyenneté, au développement solidaire.
Cette éducation se construit de façon cohérente et progressive entre les niveaux d’enseignement et dans chaque champ disciplinaire ; la généralisation est progressive. À l’école élémentaire, le projet d’école définit une programmation annuelle des thèmes et des projets ; au collège et au lycée, l’éducation à l’environnement pour un développement durable (EEDD) participe au projet d’établissement.
Le point du vue du Ministère de l’Agriculture
L’enseignement agricole « cousin des champs » du Ministère de l’Education nationale est une des composantes du système national d’éducation formelle.
Deux particularités en ont fait un précurseur en matière d’éducation à l’environnement : d’une part, c’est un enseignement dans lequel les sciences du vivant ont toujours occupé une place importante, d’autre part il très ancré dans les milieux professionnels rattachés (agriculture, forêt, agroalimentaire, aménagement de l’espace..). Cette proximité l’a conduit très tôt à se sentir concerné par la prise de conscience environnementale de la planète qu’on observe depuis la fin des années 1960.
Ainsi par exemple, dès le début des années 70, les élèves partent en « étude de milieu » avec leurs enseignants, l’écologie est introduite dans les programmes et le BTS Agricole « Protection de la Nature » est créé.
Puis, des formations préparant aux métiers de l’horticulture, de la forêt, du paysage et de l’espace rural se développent par filière du CAPA au BTSA.
En 1996, un réseau « éducation à l’environnement pour un développement durable » est créé. Il bénéficie d’une animatrice nationale, de correspondants régionaux et d’une conférence internet. Il apporte aux enseignants un appui au montage de projets et leur permet d’échanger des informations.
De 1994 à 2002, un programme « agriculture durable » a mobilisé les équipes pédagogiques sur l’évaluation de la durabilité des exploitations agricoles des établissements.
Depuis 2003, une recherche-action est lancée au niveau national par la Direction de l’Enseignement du Ministère de l’Agriculture. Il s’agit d’engager les établissements publics d’enseignement agricole dans une démarche de développement durable. En Franche-Comté, l’opération bénéficie du soutien du Conseil Régional sur l’aspect management environnemental.
L’objectif est de mettre en cohérence le fonctionnement quotidien des établissements (pédagogie, restauration, hébergement, administration) avec les enseignements généraux et professionnels afin d’être exemplaire pour les publics accueillis.
L’éducation au développement durable sera un outil privilégié de mobilisation de la communauté éducative et de ses partenaires sur ce projet collectif.
Pour l’éducateur, les établissements publics d’enseignement agricole peuvent donc constituer des centres de ressources intéressants et mobilisables : expériences du travail en partenariat, personnels spécialisés, laboratoires, amphithéâtres, centres de documentation, exploitations agricoles et ateliers divers.
L’EDUCATION A L’ENVIRONNEMENT EN FRANCHE-COMTE
Historiquement, la
Franche-Comté a beaucoup contribué à l’émergence et au développement de l’
éducation à l’environnement tant au niveau régional que national.
Orientation de l’
Education à l'Environnement
:
En 2001 et 2002, une étude sur l’Education à l'Environnement en Franche-Comté a été menée et a conduit à la rédaction du « Document d’orientation pour le développement de l’Education à l'Environnement en Franche-Comté » consultable au CPIE du Haut-Doubs.
Il met en lumière les enjeux suivants :
- « amener à comprendre et définir durablement la place que prend, et que va prendre, l’Education à l'Environnement dans la société. »
- « la responsabilisation et l’encouragement de la participation des personnes pour la mise en œuvre de l’Education à l'Environnement : participer, faire ensemble, échanger, être acteur de l’évolution de son territoire, son milieu de vie. Il paraît à la fois nécessaire d’intégrer l’Education à l'Environnement dans un grand nombre de secteurs de la vie publique et d’intégrer tous les publics dans le propos d’Education à l'Environnement… Et ceci avec organisation, efficacité et cohérence aux différentes échelles du territoire franc-comtois. »
Il présente cinq axes de développement de l’Education à l'Environnement :
• Axe 1 : mettre en œuvre l’Education à l'Environnement à différents échelons territoriaux
• Axe 2 : développer l’Education à l'Environnement vers tous les publics
• Axe 3 : acteurs de l’Education à l'Environnement : compétence, formation, organisation
• Axe 4 : mutualiser et faire circuler les informations liées à l’Education à l'Environnement
• Axe 5 : mettre en œuvre concrètement des projets et actions d’Education à l'Environnement sur le terrain.
Formation en Environnement
Eduquer les citoyens à l'environnement n'est pas un acte simple à accomplir.
Au delà des objectifs d’acquisition de connaissances, l'éducateur doit s'attacher à
transmettre des savoir-faire et savoir-être (valeurs, messages…) amenant l’apprenant à
comprendre la complexité de l'environnement et l
'importance de ses gestes au quotidien.
Afin de pouvoir
animer des interventions ou
concevoir des outils éducatifs de qualité, l’éducateur doit se former aux techniques pédagogiques, à la connaissance des différents publics et acquérir de solides connaissances en environnement.
Si beaucoup d'animateurs ont commencé leur formation "sur le terrain", les mercredis après-midi ou pendant les vacances en participant à des sorties nature, des chantiers, des clubs, des colonies, en adhérant à des associations éducatives,
la reconnaissance du métier passe par la professionnalisation des éducateurs à l'environnement.
Cette professionnalisation passe par
l'acquisition de qualifications et/ou de diplômes spécialisés tels que le la
formation Eco-interprète, le
BEATEP Animateur Environnement ou le
BTSA GPN Animateur Nature (via une formation qualifiante), et par des
formations dites continues qui permettent aux animateurs de compléter leurs compétences et leurs connaissances tout au long de leur vie professionnelle.
Le choix a donc été, d’une part, de
présenter en détail les formations amenant à acquérir des compétences et des connaissances dans le domaine de l’éducation à l’environnement et de l’environnement et d’autre part, de
citer des cursus pouvant permettre de travailler dans l’environnement en relation avec des publics.